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Souvenirs pas tristes

Publié Le 12 Janvier 2015
Souvenirs pas tristes

Lors de l’Assemblée Générale, suite à l’intervention de notre cher informaticien, la rédaction de quelques menus articles pour étoffer le site des Anciens de CARRIAT semblait souhaitable. Ce n’est donc pas par désoeuvrement que je vais me fendre de ces petites anecdotes, ni pour montrer la voie à d’autres écrivaillons, mais pour mettre noir sur blanc ce que la vie professionnelle réserve comme surprises, alors que nos enseignants nous avaient
inculqué des méthodes rigoureuses, un savoir sans lacunes et des connaissances ne souffrant aucune critique.

Ainsi donc, dans les années 80, ma soif d’errance m’avait conduit au GABON. Embauché dans la plus grande usine de fabrication de contreplaqué d’AFRIQUE, la CFG, j’y exerçais en temps que responsable des Services Travaux neufs et Investissements au sein de la Direction Technique. En ce temps là, dans ce pays, mais cela a peu évolué, l’enseignement professionnel était quasiment inexistant, et seules les usines et les artisans assuraient sur le tas une formation d’ouvriers à peine suffisante pour répondre aux besoins de la construction métallurgique ou de la maintenance industrielle.

Subséquemment, lorsque les ateliers avaient dans leurs effectifs des professionnels un tant soit peu capables, les chefs faisaient en sorte que les « évasions » soient réduites au minimum, ayant consacré une large part de leur temps à l’apprentissage du métier à des mécanos, chaudronniers et autres tourneurs-fraiseurs. Par contre, et cela était fort subtil, ces même chefs faisait en sorte, par des moyens plus que légers, voire douteux, de subtiliser chez la concurrence des ouvriers « qualifiés » de manière à utiliser des compétences toutes
acquises et exploiter un savoir-faire venant d’ailleurs.

Pour s’assurer toutefois de la vraie valeur des candidats à l’embauche, un questionnaire relatif à leur qualification et leur métier était soumis à ce personnel étranger à l’entreprise. Oh, les questions n’étaient pas très ardues, mais les réponses avaient parfois de quoi surprendre :

Ainsi, à la question suivante : vous devez tarauder un trou à M12 sur une pièce, à quel diamètre devez vous préalablement percer cette pièce ?

Les plus, ou les moins, expérimentés des Carriatis, se remémorant les textes de leurs mémentos et ouvrages spécialisés en tout genre, mais aussi le rabâchage de leurs profs d’atelier, sauraient bien répondre avec un ensemble parfait par ce quasi-postulat : il faut percer « à moins le pas ». Ce en quoi ils auraient indéniablement raison.

Sauf qu’une variante pourrait mettre à mal cette inflexible manière d’opérer, puisqu’un des candidats, sans doute formé à une stricte discipline ou à un respect outrancier de l’autorité, écrivit en face de l’interrogation : « Je perce comme me dit le chef ».

Il me plait à me rappeler qu’il fut retenu !!!

Un deuxième jeune Gabonais, à cette autre question « que lisez-vous sur un pied à coulisse » répondit ceci : « on peut lire les mm, les petits mm, les tout petits mm, les cm et les cm carrés !!!

Je crois que je me suis précipité sur mon propre ‘’pied à queue’’ pour vérifier si en définitive, pendant mon éducation je n’avais pas raté quelque chose !!!

Un troisième impétrant, désireux d’obtenir un poste à responsabilité, après cette demande : « pouvez-vous nous indiquer des différences entre des pompes à haute pression et des pompes à basse pression » avait déclaré cela : « La pompe à haute pression est placée dans la tour et celle à basse pression dans la fosse ». Imparable !!!

Ne faisons pas les fiers : nous avons sans nul doute, tout un chacun et à un moment ou un autre, dû en sortir quelques unes dignes d’être insérées dans « La Foire aux Cancres » et qui auraient provoqué l’hilarité de nos chers professeurs. Ceux-ci auraient quand même pu nous prévenir qu’en ‘’bossant’’, on pouvait aussi se fendre la pipe et se dilater la rate !!!

Walter

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